Deux défaites ouvrent les frontières à l’ennemi

Le 6 août au soir, les armées prussiennes et alliées ont franchi les frontières.

La défaite de Frœschwiller ouvre l’Alsace à la III° armée, dont des unités vont faire le siège de Strasbourg. Elle entame sa marche vers la Moselle par la Sarre, puis se fixe sur une ligne Lunéville – Nacy, empêchant le repli des corps d’armée du maréchal Mac-Mahon. La défaite de Spicheren oblige le repli des armées au-delà de la Sarre et donne l’accès aux places de Thionville et de Metz à la I° et II° armées. La route de Paris s’offre à elles.  A chaque fois s’ajoute aux pertes humaines, l’abandon de matériels et de fournitures dont l’ennemi profite. L’invasion du territoire peut se poursuivre sauf si une réaction militaire vigoureuse se produit. Napoléon III et son état-major sont en plein désarroi. L’indécision de l’Empereur et l’incapacité de l’état-major à conduire la guerre, vont être à l’origine d’une succession d’ordres et de contre-ordres. Dans un premier temps, le 7 août, l’Empereur ordonne un repli général de l’armée vers le camp de Châlons, laissant libres de vastes territoires. Le Conseil des ministres, informé, s’oppose à cette décision. Napoléon III annule son ordre. Il invite l’armée d’Alsace à se replier autour de Nancy et l’armée de Lorraine à constituer une ligne de front le long d’une rivière coulant à l’est de Metz, la Nied. Cette concentration est envisagée pour passer à l’offensive ; les mouvements de troupes commencent dans la nuit du 8 au 9 août. Le 6ème Corps basé au camp de Châlons, après avoir été mandé à Nancy, puis stoppé, retourne à son cantonnement. Le 9 août le projet d’offensive est abandonné. Le 10 août, le 6ème Corps a ordre de marcher sur Metz. Le 11 août, la ligne de front de la Nied est délaissée au profit d’un regroupement des 2ème, 3ème, et 4ème corps autour de Borny, à l’est de Metz, sur la rive droite de la Moselle. Le dispositif est protégé par les forts de Saint-Julien, au nord et de Queuleu, au sud.

Le repli du 1er corps d’armée de l’armée d’Alsace entraîne celui des 5ème et 7ème corps. Après la défaite de Woerth-Frœschwiller, les troupes des 1er et 5ème corps d’armée se sont retirées de manière désordonnée vers Saverne, Bitche et Strasbourg. Mac Mahon est contraint de changer sa marche de repli en raison de l’avancée de l’armée ennemie vers la Moselle. Il délaisse la région de Nancy pour se diriger plus au sud. Du 7 au 14 août, les deux corps de l’armée d’Alsace se replient depuis Saverne et Phalsbourg par étapes successives. Le 1er corps se masse à Neufchâteau, le 5ème corps à Chaumont. Ils s’y embarquent par le train à destination du camp de Châlons. Le 7ème corps stationné à Belfort, se rend aussi à Châlons en transitant par Paris.

Les troupes se fatiguent en marches et contre-marches, se démoralisent. Lorsque les combats s’engagent, elles sont trop souvent prises au dépourvu en raison de l’ignorance des positions ennemies par le commandement. La cavalerie française n’est pas assez utilisée dans le travail de reconnaissance. L’état-major français ne fait qu’ordonner des replis non préparés. Von Moltke, de son côté, déroule son plan de campagne en veillant à la bonne articulation de ses trois armées entre elles, afin qu’elles puissent s’épauler en cas d’attaque.

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